Histoire de la chirurgie esthétique : de l’antiquité à nos jours


De nos jours, pour tout le monde, la chirurgie esthétique est un acte banalisé aidant les femmes complexées à avoir une silhouette plus conforme a leur idée de la beauté. Le chirurgien esthétique aujourd’hui effectue différentes opérations: nez, seins,  oreilles, cuisses.

Du raccommodage de nez à la greffe totale de visage, retour sur quelques opérations esthétiques très anciennes mais dont nous ignorons les origines.

Aux origines de la chirurgie esthétique

La chirurgie plastique est de plus en plus répandue dans nos sociétés. Chacun connait un proche, un ami, une connaissance qui a effectué une opération de chirurgie esthétique.

Notre société, soumise au culte du « être toujours jeune avec zéro défaut » n’a rien inventé. Celle de nos anciens était déjà obsédée par la quête de la beauté parfaite.

Mais vous serez surpris que les premières formes de chirurgies plastiques aient vu le jour durant l’antiquité. En effet, cela fait au moins 4 500 ans qu’on taille dans le vif pour réparer un nez tranché ou juste pour être plus beau.

Avoir un beau nez, une obsession de 4 500 ans

Le nez focalise tous nos complexes car il est placé au milieu du visage alors on le trouve trop long, en trompette, épaté, busqué, envahissant.susruta-chirurgie-nez

Environ 1 5 000 opérations de rhinoplastie (remodelage du nez) sont réalisées chaque année en France. Cette obsession dure depuis au moins 4 500 ans !

En Inde, vers – 2500, on reconstruit les nez tranchés. Leur amputation était un châtiment courant infligé aux criminels ou aux femmes infidèles. Ce sont les potiers, très habiles, qui font office de chirurgiens. Ils mettent au point la technique dite du « nez indien ».

Ce procédé est très ancien, puisqu’il y est fait allusion dans les Védas et décrit dans le manuscrit de Sushruta (600 av. J.-C.): on découpe une zone de la peau du front qu’on laisse attachée entre les sourcils, puis on recouvre le nez amputé avec ce lambeau. On maintient ensuite le lien jusqu’à ce que la greffe prenne.

C’est cette même technique qui est couramment utilisée de nos jours dans le monde entier pour reconstruire les nez.

Liposuccion à la cour de Constantinople

Avec 18,8% des interventions, les liposuccions (remodelage de la silhouette par aspiration de graisse) sont aujourd’hui les opérations de chirurgie esthétique les plus pratiquées au monde. Il y a quatorze siècles, à la cour de Constantinople, le médecin grec Paul d’Egine (625-690) décrivait déjà des réductions mammaires par liposuccions chez des hommes dont les seins se gonflent comme ceux des femmes.On suppose que les praticiens grecs utilisaient la technique des sounous de l’Egypte antique.histoire-de-la-chirurgie-esthetique

Le papyrus Edwin Smith (XVIe siècle avant J.-C.) décrit cette méthode ingénieuse : il fallait bander la blessure avec de la viande fraiche puis chaque jour la soigner avec de la graisse et du miel jusqu’à la guérison ». En effet la viande stoppe l’hémorragie par sa fonction astringente, la graisse adoucit et le miel est un antiseptique naturel.

Lifting pour les stars de la belle époque

De la fin du XIXe siècle au début de la première guerre mondiale, la société, qui a soif de spectacle, se plonge dans la Belle Epoque!

Le culte de l’apparence explose et les actrices de théâtre sont prêtes à tout pour rester belles et jeunes.

Au début du XXe siècle,un genre nouveau  de chirurgie est apparu  :l’intervention à des fins esthétiques car il ne s’agit plus de corriger les malformations mais d’améliorer son apparence physique.

L’offre de chirurgie esthétique est susceptible de répondre aux attentes de celles qui se sentent tenues de se conformer aux canons de « l’éternelle jeunesse ». En gommant les rides, bien sûr, mais aussi en effaçant les déformations de la poitrine et de la ceinture abdominale consécutives aux accouchements .

En 1912, la tragédienne Sarah Bernhardt se fait un lifting du visage en Amérique, technique consistant à tendre la peau du visage pour atténuer les rides. A son retour tous les journaux racontèrent comment à la suite d’une opération chirurgicale dans le cuir chevelu , elle avait retrouvé une jeunesse surprenante.

Beaucoup contestée de la part de l’église et même interdite au moyen âge, cette chirurgie inutile de la manipulation du corps connaît un nouvel essor grâce aux mutilés de la guerre.

La Première Guerre mondiale, un tournant dans l’histoire de la chirurgie esthétique

La guerre de 1914-1918 fait des millions de blessés et de mutilés. Ces soldats gravement touchés par des éclats d’obus ou par des balles seront dénommés les « gueules cassées ». Pour se tenir en phase avec leur devise « The right to look human » ou le droit d’avoir une apparence humaine, les chirurgiens font rapidement évoluer le concept de chirurgie esthétique.chirurgie-dentaire-tunise

Les chirurgiens avaient le triste emploi de recomposer un visage auquel manquaient nez, joues, menton et parfois, yeux et arcades sourcilières. Dans certains cas graves où le bistouri s’avérait impuissant à sculpter un visage dans une chair manquante, on recourait à un artiste qui, à partir d’une photo du blessé, modelait un masque que le soldat redevenu civil portait en permanence sur son visage.

Les grands mutilés de la face furent le plus grand laboratoire d’expérimentations pour les chirurgiens qui se spécialisèrent et se perfectionnèrent . Les grands noms de la chirurgie plastique ont opéré dans ces unités et sont devenus connus : Dufourmentel, Blair, Davis, Morestin et Gillies.

La guerre terminée, ces chirurgiens devenus des experts en chirurgie plastique souhaitèrent poursuivre leur carrière amorcée au cours de la guerre  surtout aux Etats-Unis car cette pratique était moins pratiquée en France et en Angleterre.

Sous l’impulsion de la société savante, la chirurgie esthétique devint ainsi rapidement une pratique courante dans le monde du showbizz, et est aujourd’hui relativement accessible à l’ensemble de la population. Et la Société française de chirurgie plastique naît en 1952.

chirurgie-esthetique-tunisieMais il faudra patienter jusqu’en 2005, pour que la première greffe partielle du visage soit réalisée. L’équipe du professeur Bernard Devauchelle, chef du service de chirurgie maxillo-faciale du CHU d’Amiens, redonne un nez, des lèvres et un menton à la Française Isabelle Dinoire, qui avait été défigurée par un chien. Aujourd’hui, on parvient aussi à transplanter des visages entiers.

Depuis sa naissance, la chirurgie plastique n’a jamais cessé d’évoluer et de s’imposer dans les sociétés qu’elle a traversées, malgré les polémiques qu’elle a pu susciter. Aujourd’hui, au niveau technique elle connait encore des progrès considérables.

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